Forum des ONG sur la BAD

Promouvoir les normes de transparence et de responsabilité dans les banques

Le Forum des ONG sur la BAD est un réseau asiatique qui surveille de manière critique les banques asiatiques de développement, la BAD (Banque asiatique de développement) et la BAII (Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures), en particulier les politiques des deux banques en matière de transparence, de participation, de climat, de genre et de droits de l'homme. La Belgique est actionnaire des deux banques, ce qui signifie qu'elle contribue au capital des deux et qu'elle a également son mot à dire dans cette politique.


Consultation et lobbying

Le Forum des ONG est reconnu comme le représentant officiel de la société civile et a son mot à dire lorsque les banques révisent leurs politiques. Les « politiques de sauvegarde » constituent un instrument important. Il s’agit d’un ensemble de critères que les projets doivent respecter pour recevoir un cofinancement.

 

Concurrence (mal)saine

Au cours de ces procédures décisionnelles, le Forum des ONG exerce une pression sur les décideurs politiques pour qu’ils respectent les critères les plus stricts et les garanties les plus élevées en matière de droits de l’homme et de normes environnementales lors de l’approbation de projets à grande échelle. De cette façon, l’impact de ces projets à grande échelle reste le plus limité possible.

Pendant des années, la BAD a été connue comme la banque internationale dotée des garanties les plus complètes, mais avec l’avènement de la BAII, créée par la Chine pour contrebalancer la BAD dominée par les États-Unis et le Japon, celles-ci sont soumises à une forte pression. La BAII fonctionne avec des directives minimales, ce qui amène la BAD à vouloir assouplir certaines procédures. Entre-temps, la BAII a déjà approuvé un certain nombre de critères politiques, sous la pression notamment du Forum des ONG.

La BAD a récemment révisé sa politique énergétique, mettant définitivement fin au financement des investissements dans les projets de charbon. Mais tous les combustibles fossiles n’ont pas été éliminés, car les prêts pour les projets gaziers et pétroliers ne sont pas exclus. Cela est contraire aux recommandations du GIEC, entre autres. Le Forum des ONG a officiellement déposé une objection, le prochain examen est toujours en attente.  


Où est la responsabilité ?

Après la théorie vient la pratique. Il est important de suivre des projets concrets, et le Forum des ONG le fait en collaboration avec ses membres et ses partenaires du réseau. Ils se concentrent principalement sur les projets les plus controversés. Ces rapports révèlent à maintes reprises un écart entre les bons documents politiques et la pratique. Il y a par exemple des plaintes concernant l’indemnisation des populations qui ont perdu leurs terres à cause de la construction d’un barrage hydraulique au Népal ou des plaintes de commerçants en Inde qui ont été au chômage beaucoup plus longtemps que prévu à cause d’un projet hydraulique et ont donc perdu plus de revenus que prévu. Les deux procédures de plainte sont toujours en cours.

Le Forum continue également de remettre en cause le principe d’inviolabilité de la BAD. Ils estiment que les victimes de projets financés par la BAD devraient pouvoir demander des comptes à la banque, comme pour le financement du projet minier de Marcopper aux Philippines. Au cours de l'exploitation, plusieurs accidents se sont produits, qui ont notamment empoisonné les rivières et les eaux souterraines. La BAD s'est retirée de l'investissement, laissant les victimes incapables d'exercer le « droit d'information » de la banque et incapables d'accéder au dossier.