klimaatonrecht verhit

Politique climatique belge : une occasion manquée pour un avenir plus juste

  • Politique
  • Belgique
  • Climat

14 février 2025

Minutes 3

La crise climatique n’affecte pas tout le monde de la même manière. Les pays qui contribuent le moins au réchauffement sont les plus durement touchés. La justice exige que les épaules les plus fortes portent les fardeaux les plus lourds. Mais dans le nouvel accord de coalition, cette justice fait défaut. La Belgique risque de ne pas atteindre ses objectifs climatiques et choisit de privilégier ses intérêts économiques avant l’urgence de la politique climatique. Qu’est-ce que cela signifie pour notre avenir ? 

Promesses vagues, peu d'action

L'accord de coalition confirme des engagements tels que l'Accord de Paris (maintenir le réchauffement climatique en dessous de 1,5°C) et les objectifs climatiques de l'UE, mais ne propose aucune mesure concrète. Comme ça La Belgique reste dépendante des énergies fossiles, sans mesures ambitieuses pour rendre notre approvisionnement énergétique et notre secteur des transports plus durables. Aussi la suppression progressive des subventions aux énergies fossiles – d’une valeur de 15 milliards d’euros en 2022 – est à nouveau reportée. Le gouvernement affirme qu’il va « enquêter » sur cette question, mais ne propose pas de plan d’élimination socialement juste. 

en plus Le gouvernement reste silencieux sur les objectifs climatiques nationaux. Bien qu'il soit fait référence à l'objectif de l'UE de -55 % d'émissions d'ici 2030, il n'est pas fait référence à un objectif national de réduction. La Belgique n’est déjà pas en voie d’atteindre son objectif européen (déjà faible) de -47 % d’émissions, et selon les analyses du Service public fédéral Santé publique et Environnement, même cet objectif est irréalisable sans mesures supplémentaires.

LA RESPONSABILITÉ INTERNATIONALE FAIT DÉFAUT

La crise climatique frappe le plus durement les pays à faible revenu. En 2015, les pays riches se sont engagés à verser 100 milliards de dollars par an aux pays vulnérables pour compenser les dommages climatiques et contribuer à une transition juste. L'accord de coalition reste toutefois muet sur le rôle de la Belgique en tant qu'émetteur historique et manque d’obligations concrètes en matière de financement international de la lutte contre le changement climatique. Selon l'administration fédérale, la Belgique ne respecte pas ses engagements. Notre pays devrait contribuer au moins à hauteur de 540 millions d’euros par an, proportionnellement à notre capacité économique et à nos émissions historiques.

En plus de cela dréduire l’épargne dans la coopération au développement de réduire encore davantage la contribution belge. La Belgique court ainsi le risque de perdre sa crédibilité dans les négociations internationales sur le climat. 

Également à propos de « perte et dommages » – une compensation pour les dommages déjà causés par la crise climatique – Le gouvernement reste vague. Les récentes inondations au Pakistan, qui ont causé 30 milliards de dollars de dégâts, montrent le besoin urgent d’une coopération internationale. Le secteur humanitaire ne peut pas supporter seul ces coûts. Des sources de financement supplémentaires sont nécessaires, non seulement pour les interventions d’urgence, mais aussi pour la préparation, la résilience et la reconstruction.  

POLITIQUE DES MATIÈRES PREMIÈRES : LES INTÉRÊTS ÉCONOMIQUES AVANT LA DURABILITÉ ?

Le nouveau gouvernement fait de l’accès aux « matières premières critiques » une priorité stratégique. Cela signifie plus d'exploitation minière en Europe et des échanges avec de nouveaux partenaires pour garantir l'approvisionnement des industries belges. Mais qu’en est-il de l’impact social et écologique ? Sans normes environnementales contraignantes et sans respect des droits humains, la Belgique risque de protéger avant tout ses propres intérêts économiques, sans égard pour la justice.

L'accord de coalition mentionne la transparence et la limitation des dommages environnementaux comme points d'attention, mais reste vague sur sa mise en œuvre. Il est positif que le commerce équitable avec l’Est du Congo soit explicitement mentionné, mais cela ne devrait pas être une initiative isolée. La Belgique doit mener une politique large et équitable qui prend en compte les droits de l'homme et l'environnement

QUE DOIT-IL SE PASSER?

Si la Belgique prend au sérieux l’Accord de Paris et le Green Deal, des mesures supplémentaires sont indispensables. Le gouvernement doit :

  • Élimination progressive des subventions aux combustibles fossiles et investir dans les énergies renouvelables.
  • Un financement climatique international équitable garantie, avec une attention particulière portée aux pays les plus vulnérables.
  • Veiller à ce que la stratégie des matières premières prenne en compte Droits de l'homme et protection de l'environnement.

La politique climatique ne doit pas être limitée par des intérêts économiques à court terme. Les coûts de l’inaction sont bien plus élevés : jusqu’à 9 milliards d’euros par an d’ici 2050. La Belgique doit désormais opter pour une politique climatique ambitieuse et socialement juste, pour un avenir vivable pour tous. 

Découvrez l'analyse approfondie de l'accord de coalition

Articles connexes