L’élimination des professions liées à la migration de main-d’œuvre ouvre la porte à davantage d’abus
Le lundi 12 mai, la ministre flamande de l'Emploi, Zuhal Demir, a présenté une note conceptuelle « Une politique de migration de main-d'œuvre affinée et intégrée ». Il propose de rendre impossible la migration de main-d’œuvre pour des fonctions peu qualifiées (goulot d’étranglement) grâce au permis combiné.
Avant les vacances de Pâques, la ministre a annoncé qu'elle souhaitait réduire drastiquement le nombre de professions pour lesquelles la migration de main-d'œuvre en provenance de l'extérieur de l'UE est possible. Parmi la liste actuelle de 29 professions en pénurie, 11 seraient éliminées, dont celles de chauffeur de camion, de chauffeur d'autocar et d'autobus, d'installateur sanitaire, de boucher, de boulanger, d'opérateur de perceuse, d'installateur d'ascenseur et de carreleur.
Selon les syndicats et les organisations de la société civile, si le gouvernement flamand soutient cette proposition, il ignorera la réalité économique et aggravera encore le problème de pénurie structurelle de personnel. Cela oblige les employeurs à recourir à des formes d’emploi moins transparentes et plus précaires, comme le détachement par sous-traitance. Ce n’est pas une bonne chose, même pour les citoyens qui veulent pouvoir utiliser rapidement toutes sortes de services et ne veulent pas faire la queue.
Le ministre ferme les yeux sur la grave pénurie de main-d'œuvre
La mesure proposée est en contradiction avec les données actuelles du marché du travail. Le VDAB a recensé pas moins de 2025 professions en pénurie pour 251, soit dix de plus que l'année dernière. Les récentes enquêtes du VOKA montrent également que le manque de personnel constitue le principal frein à la croissance des entreprises flamandes. Ces pénuries sont structurelles et liées à l’évolution démographique, comme le vieillissement de la population et la diminution de l’afflux de main-d’œuvre sur le marché du travail. Le rapport de l'OCDE présenté la semaine dernière, contenant le rapport sur une étude de la politique flamande de migration de main-d'œuvre, décrit la tension sur le marché du travail comme aiguë et généralisée.
Rupture de l'accord de coalition et augmentation des contrats précaires
Cette proposition va à l'encontre de l'accord entre les gouvernements flamand et fédéral, qui a récemment promis de se concentrer sur la migration de travail légale et active. L’accord du gouvernement flamand stipule explicitement : « Nous rendons le canal de migration de main-d’œuvre via un permis combiné plus attractif que le canal sensible à la fraude du détachement via la sous-traitance. »
La migration de main-d’œuvre est nécessaire. Nous devons être plus prudents lorsqu’il s’agit de travailleurs peu qualifiés que de travailleurs hautement qualifiés. Les travailleurs peu qualifiés sont généralement ceux qui rencontrent le plus de difficultés pour trouver du travail. C’est aussi la raison pour laquelle notre politique en matière de migration économique est déjà plus stricte aujourd’hui et rend plus difficile l’autorisation de la migration économique pour ce groupe. Rendre ces règles encore plus strictes, comme le propose Demir, revient à ignorer la réalité des goulots d’étranglement actuels sur le marché du travail. Par exemple, tout le monde sait qu’on ne peut pas simplement remplacer 1500 XNUMX chauffeurs de camion.
Les professions pour lesquelles l'accès est refusé par un permis combiné seront pourvues par détachement abusif. Un détachement sur quatre en Flandre concerne désormais des travailleurs non européens. Ce sont eux qui sont déjà les plus touchés par l’exploitation. Des contrôles plus stricts peuvent être organisés pour les salariés embauchés via le permis combiné, mais cela est pratiquement impossible pour les contrats de détachement. En 1, l'inspection sociale a effectué 4 contrôles pour détachement abusif de ressortissants de pays tiers. Dans 2023 inspections sur 672, des abus ont été constatés.
En outre, le gouvernement belge perd les cotisations de sécurité sociale, qui sont collectées lors de la délivrance de visas de travail à des ressortissants de pays tiers parce qu’ils sont employés dans le cadre d’un contrat de travail belge.
L'intention de l'accord de gouvernement flamand de se concentrer davantage sur l'inspection et d'étendre ce service de 30 ETP est une chose positive à cet égard. Avec l’intervention actuelle, le ministre Demir crée le besoin d’un contrôle encore plus fort. Car nous serons confrontés à un marché du travail encore moins protecteur et à un risque accru de dumping social.
Une vraie stratégie n'est pas servie par de fausses solutions
Selon les syndicats et les organisations de la société civile, les propositions du ministre flamand de l’Emploi ne constituent pas un exemple de politique stratégique du marché du travail. Ils ne prennent pas en compte les besoins des entreprises ni les droits des travailleurs migrants.
De plus, les citoyens qui doivent attendre plus longtemps pour obtenir des services et à qui on dit plus souvent « qu'on ne trouve plus de personnel » se plaignent.
Au lieu de faire face à la réalité et de chercher des solutions durables, le ministre opte pour le symbolisme et l’idéologie. Cela nuit à notre économie et conduit à des formes de travail plus vulnérables.
Nous espérons que le 99 recommandations formulées par l'OCDE il a finalement été proposé d'inclure cette mesure dans la politique. Nous sommes disponibles pour engager un dialogue basé sur l’expérience pratique et l’expertise.
ABVV, ACLVB, ACV, Beweging.net, 11.11.11., FAIRWORK Belgique, ORBIT vzw, Refugee Action Flandre