Tax the rich

Fiscalité équitable : 5 questions et réponses

Dans un monde où les inégalités augmentent et où le pouvoir d’achat d’innombrables personnes est sous pression, notre pays doit se concentrer sur des impôts équitables pour tous – y compris les grandes fortunes et les multinationales. La lutte pour une fiscalité équitable et contre l’évasion fiscale est à cet égard cruciale. Mais qu’est-ce que cela signifie exactement et quelles sont les perspectives des négociations gouvernementales ? 

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14 Jun 2024

Minutes 5

1. Que signifie exactement une fiscalité équitable ?

Les impôts sont l’élément vital des États modernes. Ils sont nécessaires pour biens publics accessible à tous. En fait, selon le Tax Justice Network, les impôts sont notre superpouvoir social. Du moins si les impôts sont justes et redistributifs et s’ils contribuent à notre prospérité générale.

Mais une décennie de violations de données financières et de scandales a laissé des systèmes complexes de blanchiment d'argent, fraude en évasion fiscale exposé. En mars, De Tijd rapportait que 500 familles fortunées évitaient l'impôt sur les successions dans notre pays par le biais de fondations. Les entreprises, de leur côté, comptabilisent leur richesse via d’autres échappatoires fiscales, comme le rachat de leurs propres actions : « technologie de pointe fiscale » pour extraire des bénéfices de l’entreprise sans payer d’impôts.  

Et c'est pourquoi nous avons une fiscalité équitable - ou Justice fiscale - nécessaire. D’une part, il faut lutter contre ces pratiques néfastes en améliorant la transparence et en éliminant les possibilités d’évasion. Mais d’un autre côté, il existe aussi une politique où les épaules les plus fortes portent les fardeaux les plus lourds. Car aujourd’hui, cette pression pèse de manière disproportionnée sur les épaules des salariés.  

2. Quelles propositions politiques devrions-nous spécifiquement prendre en considération ?

Grâce à l'échange automatique de coordonnées bancaires - le partage d’informations financières des entreprises et des banques entre les pays – des mesures ont déjà été prises dans la bonne direction. Cette mesure garantit que les super-riches ne peuvent pas simplement éviter de payer des impôts grâce à leurs comptes bancaires secrets dans des paradis fiscaux. Cette forme d’évasion fiscale a diminué jusqu’à deux tiers. L’évasion fiscale n’est donc pas une loi de la nature, mais un choix politique.

Aussi le impôt minimum mondial L’objectif de 15% sur les multinationales atteint au sein de l’OCDE en 2021 est en principe un pas en avant. Cela devrait permettre de garantir que les multinationales ne transfèrent pas simplement leurs bénéfices vers des endroits où elles sont imposées à un taux bas et paient un impôt minimum de 15 %, quel que soit leur emplacement. Or, nous constatons qu’il dépasse son objectif en raison des nombreux affaiblissements, exceptions et déductions. Bien que des voix aient d'abord appelé à un taux supérieur à 20 %, celui-ci a finalement été fixé à 15 %, tandis que les exceptions garantissent que les recettes estimées sont réduites de moitié. De plus, les pays à faible revenu sont très déçus par l’opacité du processus décisionnel au sein de l’OCDE et par les maigres recettes qu’ils peuvent espérer de l’impôt minimum.  

Finalement, les super-riches sont restés indemnes jusqu’à aujourd’hui. Il n’y a pratiquement eu aucune mesure prise à l’échelle mondiale concernant impôt sur les milliardaires. Les recherches menées dans plusieurs pays montrent clairement que les milliardaires paient beaucoup moins d’impôts que les citoyens moyens par rapport à leurs revenus et à leur richesse. Ce phénomène sape la confiance dans le gouvernement et contribue à accroître les inégalités. 

3. Des négociations gouvernementales sont-elles actuellement en cours en Belgique ? Comment les cartes se trouvent-elles là ?

Les résultats des élections fédérales du 9 juin poussent très fortement vers ce que l'on appelle «Coalition de l'Arizona' avec la N-VA, le MR, le CD&V, Les Engagés et le Vooruit. Dans un contexte de défis géopolitiques et sociaux énormes, la question centrale est : où investissons-nous notre argent et qui le paiera ? Il semble y avoir unanimité parmi les cinq partis pour œuvrer en faveur d’un budget équilibré. Mais les points de vue sur le chemin à suivre pour y parvenir diffèrent considérablement. Une réforme fiscale, pour laquelle le ministre sortant des Finances Van Peteghem a effectué les travaux préparatoires nécessaires, devrait garantir que le travail soit plus rentable. Pour CD&V et Vooruit, malgré les différences majeures, on peut s'intéresser aux plus riches pour réduire la charge sur le travail. La N-VA et le MR ne voient pas cela comme une solution et recherchent plutôt des économies.   

4. Qu'en est-il de l'impôt sur la fortune proposé par plusieurs partis flamands pendant la campagne ? Existe-t-il réellement un support pour cela ?

Bien que 72,5% des Flamands pour un impôt sur la fortune il est constamment suggéré dans les débats que de telles mesures ne sont pas réalisables.  

Cela encouragerait les grandes fortunes à quitter le pays et à investir leur argent ailleurs. Une étude scandinave a calculé que cette fuite de capitaux reste remarquablement faible et n’a pas d’impact négatif significatif sur les recettes publiques ou sur l’économie. De plus, ce n’est pas seulement le niveau d’imposition qui incite quelqu’un à rester et à faire des affaires dans un pays ; D’autres facteurs importants tels que les infrastructures ou l’éducation – qui fournissent une main-d’œuvre qualifiée – sont au moins aussi importants.

La Belgique a récemment accueilli son premier membre de «Des millionnaires pour l'humanité', un groupe de personnes riches qui prônent un impôt sur la fortune. Bruno Fierens explique son choix dans De Tijd comme suit : « Si je compare la manière dont mes revenus provenant d'autres sources que le travail - revenus locatifs et dividendes - sont imposés par rapport à mes revenus du travail, ces derniers s'en sortent mal. Comment est-il possible que le travail soit taxé beaucoup plus lourdement dans une société où le travail est considéré comme si important ?

Pendant ce temps, les esprits mûrissent également pour travailler sur une taxe internationale sur les riches. À l’initiative de son président, le Brésil, le G20 a commandé un rapport sur un impôt minimum sur la fortune des milliardaires. L'économiste de renom Gabriel Zucman travaille actuellement sur une proposition chiffrée pour une taxe de 2 % sur la richesse des 3000 20 personnes les plus riches du monde, qu'il présentera au GXNUMX ce mois-ci. Aux côtés de plusieurs autres pays, le ministre des Finances Van Peteghem a exprimé son soutien à cette idée en avril. 

5. Quelles solutions préconise-t-elle ? 11.11.11?

En Belgique, nous avons besoin d’une réforme fiscale qui fardeau sur le travail s'abaisse. Nous pouvons compenser cette réduction des recettes publiques par une une fiscalité plus juste sur le capital ou les revenus du capital, tels que les dividendes ou les intérêts.

Nous avons également besoin de ce budget pour financer la transition climatique et pour contribuer à éliminer les inégalités dans le monde. La fiscalité équitable est également une pierre angulaire de la solidarité internationale. En effet, le système fiscal international fonctionne au détriment des pays à faible revenu, car les pays où les entreprises sont majoritairement implantées (principalement dans les pays à revenu élevé) sont favorisés par rapport aux pays où ces entreprises sont actives (principalement dans les pays à faible revenu). Il est donc préférable d’organiser la justice fiscale à l’échelle internationale. Les mesures internationales constituent le moyen le plus efficace de lutter contre l’évasion fiscale, mais ce n’est pas une excuse pour attendre des mesures nationales.  

Nous ne nous intéressons donc pas uniquement à la politique nationale pour trouver une politique équitable :

  • 11.11.11 préconise une augmentation de la impôt minimum international pour les multinationales de 15% à 25% à court terme, sans exception. Les pays à faible revenu peuvent également collecter leur juste part des impôts générés par ces grandes entreprises.
  • Nous soutenons également la proposition des pays africains au sein des Nations Unies pour une convention fiscale internationale et la création d’un organisme chargé de la fiscalité inclusive au sein des Nations Unies. Enfin, nous plaidons pour un impôt sur les sociétés harmonisé et ambitieux au sein de l’UE, dans lequel les multinationales seraient imposées au niveau du groupe plutôt qu’en tant qu’entités distinctes, évitant ainsi le transfert de bénéfices vers des pays à faible fiscalité.