Mensen op de vlucht riskeren hun leven.

La Commission européenne veut renvoyer les demandeurs d'asile dans des pays où ils ne sont jamais allés

  • Actualité
  • Belgique et Europe
  • Migration

20 mai 2025

Minutes 2

La Commission européenne a lancé une nouvelle proposition qui facilitera l’envoi de demandeurs d’asile vers des pays extérieurs à l’Union européenne, même s’ils n’ont aucun lien avec eux. Les gens peuvent désormais être expulsés vers des pays tiers dits « sûrs » où ils n’ont jamais mis les pieds, où ils ne connaissent personne et où leurs droits ne sont pas garantis. « Cela revient à abandonner les gens et les droits de l’homme », affirme-t-il. 11.11.11-migration-l'experte Flor Didden.

QU'EST-CE QUI CHANGE EXACTEMENT ?

Jusqu’à présent, l’UE n’était autorisée à envoyer un demandeur d’asile vers un pays tiers que s’il existait un lien démontrable avec ce pays, par exemple familial ou un séjour antérieur. Cette exigence est désormais abandonnée. Cela permet de expulser des personnes vers des pays avec lesquels elles n'ont aucun lien.

En outre, la Commission propose de supprimer la suspension automatique de l’expulsion pendant une procédure d’appel. Cela signifie que des personnes peuvent être expulsées avant que leur procédure d’asile ne soit terminée. Cela augmente le risque d’erreurs irréversibles et de traitements inhumains. 

Responsable de la politique photographique Flor Didden

Avec cette proposition, la Commission ouvre la porte à l’envoi de personnes en quête de protection vers des pays où elles n’ont jamais mis les pieds – et où elles sont en danger. Il ne s’agit pas d’une politique d’asile, mais d’un abandon des personnes et des droits de l’homme.

Flor Didden, experte en migration chez 11.11.11

Une tendance dangereuse

Cette proposition s’inscrit dans une tendance européenne plus large : transférer la responsabilité de la protection des réfugiés aux pays tiers. Cela arrive souvent sans garanties claires pour les droits des personnes en fuite.

Plus tôt cette année, la Commission avait déjà proposé ce qu’on appelle « centres de retour » pour : les centres d’accueil situés en dehors de l’UE où les demandeurs d’asile déboutés sont retenus jusqu’à ce qu’ils puissent être rapatriés. Cette nouvelle proposition va encore plus loin. Des personnes peuvent être orientées vers un pays tiers avant même que leur demande d’asile n’ait été examinée en profondeur. Et cela porte complètement atteinte à leur droit de demander l’asile dans l’UE.

Cette approche rappelle l’accord controversé du Royaume-Uni sur le Rwanda, un plan qui a fait l’objet de vives critiques juridiques et éthiques et qui s’est avéré être un échec dans la pratique.

Des réfugiés syriens dans un camp de réfugiés

Appel au gouvernement belge et au Parlement européen

11.11.11 appelle le Parlement européen et le gouvernement belge à bloquer la proposition. « Si cette mesure est approuvée, la dernière protection structurelle de la politique d’asile européenne disparaîtra. »

Au lieu de laisser les gens dans le froid, vraagt 11.11.11 sur lesquels l'UE travaille :

  • des procédures d'asile équitables aux frontières,
  • solidarité entre les États membres,
  • et des voies de migration sûres et légales.

Articles connexes